Le dossier de la semaine – La question du trait de côte

Le rapport du Député Buchou : Quel littoral pour demain ?
Les projets de l’équipe DOLUS2026
Édito de Grégory Gendre

Prospectives littorales à horizon 2070
Réflexions sur le cordon dunaire

Les études envoyées à la Présidence de la République par la Mairie de Dolus
et la réponse du cabinet Macron


Quelle(s) dynamique(s) littorale(s) pour demain ?

 Dolus, le 15 janvier 2020.

Répondre à cette question n’est pas chose aisée et la municipalité dolusienne salue donc sincèrement le travail effectué par le député de Vendée Stéphane Buchou, son équipe et le CGEDD pour leur rapport « Vers un nouvel aménagement des territoires côtiers adapté au changement climatique » remis récemment à Monsieur le Premier Ministre et à Madame la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire.

Considérant qu’en tant que « politique publique spécifique, la « dy­namique littorale » (érosion ou accrétion) n’existe pas pour l’instant » ce rapport vise « à proposer des solutions » concrètes et tangibles pour se positionner au mieux face aux évolutions des phénomènes climatiques d’envergure.

Pour rappel, au niveau national, les enjeux identifiés pour la façade littorale prise entre la pression océanique et la pression démographique représentent, à l’horizon 2100, 16 500 bâtiments privés pour une valeur globale de 3,7 milliards d’euros, 22 000 km d’infrastructures de transport impactés ainsi que des dizaines d’établissements de santé, sans compter des éléments majeurs du patrimoine naturel, culturel et paysager.

Inscrite dans le Code de l’Urbanisme, la dy­namique littorale (érosion ou accrétion) serait ainsi définie comme un « phé­nomène naturel et graduel causé par plusieurs fac­teurs et révélé par le bilan sédimentaire constaté sur les rivages. Elle est amplifiée par l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique. Elle a pour résultat une évolution de la limite entre les domaines maritime et terrestre et, pour consé­quence, une mise en cause de la pérennité des es­paces et des activités humaines situées à proximité du rivage ».

 

14 recommandations sont ensuite formulées pour accompagner
cette recomposition spatiale des territoires littoraux :

  1. Mettre en œuvre une politique publique d’aména­gement des littoraux,
  2. Compléter et renforcer, dans un délai, de cinq ans le réseau des Observatoires de la Dynamique Lit­torale labélisés ODyL 21, selon un modèle conventionnel souple entre la communauté scien­tifique (établissements publics comme le BRGM3 et laboratoires universitaires), les collectivités locales et les services de l’État,
  3. Diffuser, faire diffuser et faire commenter large­ment, par les Observatoires de la Dynamique Lit­torale, les résultats réguliers de leurs travaux en direction des collectivités locales, des populations et des acteurs sociaux, économiques et environne­mentaux concernés,
  4. Mettre en place une information appropriée à destinations des acquéreurs ou des locataires de biens meubles ou immeubles impactés à court ou moyen terme par la dynamique littorale, au moyen d’une mention explicite, dès l’annonce de la vente ou de la location concernée,
  5. Valider des Conventions Littorales d’Occupation dans les zones de risque,
  6. Donner une existence juridique au Comité Natio­nal de l’Aménagement Littoral,
  7. Élaborer des projets « Litto 21» adaptés aux spécificités géographiques, sociologiques et his­toriques locales afin d’assurer, par étapes et par bassin hydro-sédimentaires, la re­composition spatiale des territoires impactés par l’érosion côtière,
  8. Mettre en compatibilité avec les dispositions spa­tiales des projets « Litto 21 » et la loi littorale, les documents d’ur­banisme applicables aux territoires concernés,
  9. Prévoir les moyens de renforcer le potentiel d’in­génierie des groupements de collectivités, porteurs des projets « Litto 21»,
  10. Instituer des conventions permet­tant le maintien dans les lieux des occupants ou des activités, ou bien l’affectation temporaire des biens, jusqu’à l’imminence de la submersion,
  11. Prévoir en ce qui concerne les constructions, soit des extensions soit des créations qui ne nécessitent pas de modification ou d’extension des réseaux existants et qu’elles soient démontables en moins d’un mois (leur enlèvement sera réalisé aux frais du demandeur),
  12. Mettre en place un « Fonds d’Aménagement Lit­toral » alimenté par une augmentation de la taxe communale additionnelle aux droits de mutation immobilière,
  13. Affecter les sommes collectées sur ce fonds, après avis conforme du Comité National de l’Aménage­ment Littoral aux études et aux travaux néces­saires à la mise en œuvre des projets « Litto 21 », dûment validés, ainsi qu’à l’assistance à maîtrise d’ouvrage nécessaire à leur suivi et à leur mise en œuvre,
  14. Concrétiser les présentes recommandations dans un futur texte législatif sur l’adaptation des territoires littoraux face au changement climatique avec un volet juridique et réglementaire, un volet environnemental et un volet financier.

 

« La publication de ce rapport est une excellente nouvelle car il marque un tournant majeur dans l’histoire de la coopération entre acteurs privés, publics et associatifs pour appréhender au mieux les évolutions du trait de côte, analyse Grégory Gendre, maire de Dolus d’Oléron. Nous sommes naturellement très fiers et heureux d’avoir pu contribuer directement à cette démarche via la visite de terrain organisée pour le député Buchou à la Rémigeasse et aux Allards en août 2019, les échanges avec nos collègues du Prêcheur en Martinique et les travaux menés avec le Cerema, le PUCA, le Pays Marennes Oléron et l’école d’architecture de Marne la Vallée pour la construction d’un algorithme territorial. La décennie à venir sera celle d’une mutation profonde de nos politiques d’aménagement et la validation récente de notre nouveau PLU incarne directement cette transition ».


Le rapport complet de Stéphane Buchou député de Vendée est à  lire ici:
Quel littoral pour demain ?
Vers un nouvel aménagement des territoires côtiers adapté au changement climatique


Les projets de l’équipe DOLUS2026

Réaliser un plan guide pour préparer la recomposition spatiale territoriale de la Perroche / la Rémigeasse à moyen-long terme.

Poursuivre le déploiement de l’algorithme territorial mis en place avec les services de l’Etat pour permettre aux propriétaires de biens de disposer de la meilleure information possible concernant l’évolution possible de leur patrimoine à court, moyen et long terme.

Continuer le suivi photos du trait de côte pour alimenter l’observatoire régional.

Travailler à la mise en œuvre d’accès aux plages sécurisés à l’année en fonction des tempêtes.

Densifier les liens et les coopérations avec l’ONF pour gérer durablement les espaces côtiers.

Accompagner le développement de la filière glisse en soutenant les pratiques en compétition et en loisirs du surf, du skate et de la voile (bateau et planche)

Discussion – débat à mener, poursuivre sur la question de l’accès aux plages l’après-midi en saison (développement de nouvelles offres de mobilité, accès sécurisé pour les propriétaires de vélos électriques, création de postes d’ambassadeur de la mobilité pour diffuser l’info et informer sur le rôle des dunes et les enjeux de leur préservation)

 


Édito de Grégory Gendre

Madame, Monsieur,

Le territoire communal sera concerné dans les années à venir par des risques d’érosion et de submersion marine de plus en plus prégnants. Ceux-ci sont en effet directement liés aux évolutions climatiques.

Pour garantir aux générations à venir la possibilité de vivre avec ces risques tout en maintenant à l’année des activités économiques (nécessitant la proximité de l’océan, agricoles, touristiques, etc.), sociales ou culturelles tout en adaptant nos habitats à ces nouveaux environnements, nous avons donc la nécessité de réfléchir aujourd’hui collectivement à nos parcours de vie futurs.

Avant la pose des Big Bags
Après la pose des Big Bags

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis le début du mandat, la municipalité a travaillé dans cette logique avec l’école d’architecture de Marne la Vallée, le Plan Urbanisme Construction Architecture (ministère de la Transition écologique), les services de l’État et le Pays Marennes Oléron pour fabriquer des scenarii prospectifs présentant ce que pourrait être Dolus en 2050 ou en 2070. Des panneaux d’information présentant ces travaux sont installés dans la rue piétonne, les deux ouvrages réalisés par les architectes sont disponibles à la bibliothèque et les informations sont accessibles en ligne sur cette page rubrique Littoral 2070

Après les soirées publiques organisées pour présenter ces enjeux et les visites sur sites effectuées à différentes reprises, c’est maintenant le moment de recueillir le maximum de témoignages citoyens pour alimenter ces réflexions académiques par votre ressenti, vos habitudes, vos expériences, vos doutes, vos craintes, etc. Nous allons en effet être collectivement confrontés pour la première fois à un recul et une recomposition spatiale importante de nos territoires littoraux : Xynthia a montré nos vulnérabilités, à nous de préparer au mieux notre futur.

Pour réaliser ce travail, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement ; www.cerema.fr) qui a préparé des questionnaires accessibles en ligne et disponibles en format papier sur simple demande à la mairie. Vous avez l’occasion de vous exprimer anonymement sur :
Cliquez ici (pour les habitants -résidence principale et secondaire- et les associations),

Les big bags prennent la force de la vague et l’empêchent de repartir sur les dunes

Ou cliquez là (pour les acteurs économiques et les gestionnaires de réseaux et d’infrastructures).

Vos réponses permettront d’alimenter les réflexions que nous devons avoir sur le long terme et plusieurs générations (au moins 3 ou 4). Des réunions seront ensuite organisées avec un premier traitement de vos retours avant la fin de l’année et des cartographies seront établies pour nous aider collectivement à nous projeter dans un territoire évoluant au gré d’échelles de temps différentes.

Vous l’aurez compris, l’objectif à travers cette démarche consiste à resituer l’ensemble de « nos parcours de vie » (comme habitant, résident, acteur économique, collectivité, etc.) dans un contexte plus large mélangeant durées d’amortissement des biens, gestion du risque littoral, fiscalité, risque assurantiel, etc. L’objectif est ambitieux et l’exercice difficile, mais ne rien faire aujourd’hui serait catastrophique demain.

Grégory Gendre

 

 

 

 


Prospectives littorales à horizon 2070

Dolus, le 26 octobre 2018.
La question littorale est au cœur du projet politique porté par la majorité de l’équipe municipale actuelle
qui dans son tract de campagne proposait d’« inscrire la commune dans un ambitieux programme de coopération interterritoriale pour agir sur la gestion des marais et l’érosion du littoral. » C’est donc naturellement que la municipalité a répondu en 2015 à l’appel à projet Littoral 2070 lancé par le Plan Urbanisme Construction Architecture dépendant du Ministère de la transition énergétique ; ce travail visant, comme son nom l’indique, à travailler de manière prospective et transversale sur l’évolution du trait de côte.

Carte aléas Rémigeasse

Dans ce contexte, l’aménagement de l’ouest de la commune pose question puisque aujourd’hui nombre des constructions en place sur le secteur de la Perroche qui sont concernées par le risque Xynthia + 60 … n’existaient pas dans les années 1970. Aujourd’hui, le Plan d’action et de prévention des inondations (PAPI) avec ses avenants et la prise de compétence Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI) par la CdC IO en 2018 ont déterminé un nouveau cadre d’intervention plus précis. La nouvelle doctrine établissant en effet que la notion de systèmes d’endiguement doit guider, sur le long terme, la manière dont il faudra entretenir, préserver, durcir, faire évoluer, etc. le trait de côte pour préserver les biens et les personnes.

Ainsi, si certains territoires ont décidé de « bunkériser » leurs plages (Ile de Ré, Chatelaillon), la tendance générale nationale privilégie les concepts de défense douce pour adapter le littoral à la montée des eaux attendue d’ici la fin du siècle selon les différents rapports du GIEC. Ces évolutions sociales, urbanistiques, liées à la fiscalité patrimoniale et foncière, géo-biologiques, assurantielles, culturelles, etc. sont complexes et, par définition, imbriquées les unes dans les autres.

Afin de pouvoir disposer d’une analyse neutre et pertinente sur le long terme pour gérer ces espaces, la municipalité s’est associée au Céréma et à l’observatoire du Pays Marennes Oléron pour développer un algorithme territorial. Cet outil consiste à référencer dans un système d’informations géographiques les typologies de construction, de cultures, les infrastructures, le bâti, etc. avec leurs durées restantes d’amortissement. Cette connaissance territoriale précise ayant pour objectif de développer un processus de transition spécifique au cas par cas pour prendre en considération le ressenti de chacun tout en garantissant la sécurité à tous.

Si certains privilégieront dans les années futures une nouvelle architecture du risque pour rester sur zone d’autres choisiront

La Faute-sur-Mer après Xynthia en 2010

en effet la relocalisation. Quelle que soit la position individuelle retenue, l’essentiel sera alors, grâce à cet outil de pilotage et de gestion de l’aménagement du territoire, de pouvoir laisser le choix aux propriétaires actuels et futurs de biens fonciers de toujours disposer d’une capacité de choix.

En parallèle et afin d’entretenir au mieux le cordon dunaire, un suivi mensuel est assuré à l’année pour documenter une base de données (photos, données météo, hauteur d’ensablement, etc.) exclusivement dédiée à l’évolution du trait de côte. La qualification des personnels techniques sur ces sujets assortie à l’utilisation d’outils de protection (ganivelles, big-bags, sacs en toile de jute, reprise d’enrochements, etc.) permettant d’intervenir très rapidement pour maintenir l’épaisseur de la dune.

 

 


Réflexions sur le cordon dunaire

Constats et mesures contre le recul de la dune
Étude du C A U E Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de la Charente -Maritime
Pour voir cette étude cliquez ici


2 études complémentaires sur les enjeux de recompositions spatiales à l’horizon 2070
pour préparer le littoral à la montée des eaux Dolus-d’Oléron comme laboratoire d’un aménagement résilient

2 études particulièrement intéressantes (c’est pas du rififi)

Imaginer le littoral de demain

Pour l’île d’Oléron, l’eau est une ressource essentielle, tant pour l’activité ostréicole et la pêche que

pour le secteur du tourisme. Mais la mer est aussi une menace dormante, comme l’a rappelé la tempête Xynthia en février 2010. Au risque de submersion s’ajoute désormais la montée du niveau de la mer et les conséquences qu’elle entraînerait, en particulier en matière d’accentuation de l’érosion du trait de côte. En effet, le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que la montée du niveau de la mer s’accélère et pourrait atteindre un mètre à l’horizon 2100.
Mais en dépit des enjeux du changement climatique et de ses impacts déjà perceptibles sur le territoire, il existe de la part de la population locale et des collectivités, un certain déni. Afin de les impliquer, il est nécessaire de constituer un nouvel imaginaire et surtout de faire un effort de projection pour imaginer ce que seront nos littoraux dans 50 ou 100 ans. C’est l’objectif de l’appel à idées « Imaginer le littoral de demain » initié par le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer dans lequel cette étude s’inscrit. La commune de Dolus-d’Oléron s’est portée volontaire pour servir de laboratoire à cette étude prospective.

 

 

Pour voir l’étude complète cliquez ici

 

Trois scénarios prospectifs à l’horizon 2070

En prolongeant l’historique, nous proposons d’imaginer la physionomie de l’île d’Oléron en 2070, en prenant en compte la montée du niveau de la mer et l’attitude des pouvoirs publics face à cette évolution. Pour ce faire, nous avons établi deux scénarios prospectifs, volontairement caricaturaux, qui extrapolent les conséquences que pourraient avoir sur le long terme deux attitudes actuellement adoptées face au risque de submersion : la défense obstinée par des systèmes d’endiguement ; le retrait précipité dans l’urgence des zones submersibles. Nous proposons ensuite une troisième attitude, qui vise à anticiper sans tarder les changements provoqués par la montée des eaux et l’aléa de submersion, tout en mettant en œuvre une adaptation graduelle sur le long terme. La stratégie qui en découle articule la mise en place d’une politique de relocalisation des habitations et activités menacées, la reconfiguration des infrastructures de mobilité, et la reformation du cordon dunaire, seul élément à même de faire rempart à l’eau.

Pour voir l’étude complète cliquez ici


Réponse de la Présidence

Réponse de la Présidence de la République étude Littoral 2070 – 13 septembre 2019
de toute façon ils répondent à tout (même si vous vous proposez comme ministre)


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